Uncharted

1h56  | Ruben Fleischer

Pour celles et ceux qui ne s’identifient pas comme des joueurs de jeux-vidéo assidus, Uncharted est un joyaux de la culture geek. Développé par le studio Naughty Dog, le jeu est chéri par une génération entière de gamers. L’annonce de son adaptation sur le grand écran a autant galvanisé ses fans que ça ne les a inquiétés… Car, les adaptations de jeux-vidéo ont bâti la triste réputation d’être, au mieux, médiocres et, au pire, des carambolages. Heureusement, la traduction filmique d’Uncharted n’a rien d’exceptionnel : ce qui veut dire que ce n’est pas mauvais ! Comme dans les jeux, Uncharted conte les (més)aventures de Nathan Drake, un amateur d’exploration incarné par Tom Holland, qui se met en tête de retrouver le trésor perdu de Magellan. Certes, Uncharted ne brise aucun plafond de verre ou ne nous défie intellectuellement… Or, sa simplicité fait son charme, si ça a du sens. J’ai passé un bon moment, sans qu’il ne soit immuable.

Tick, Tick… Boom

2h01 | De Lin-Manuel Miranda | A voir sur Netflix

Êtes-vous familiers avec Jonathan Larson ? Début des années 90, ce petit génie de la comédie musicale a tourneboulé les planches new-yorkaises au travers de son premier joyaux : Tick, Tick… Boom !, une réalisation autobiographique contant ses tribulations autour de l’écriture de son SUPERBIA, “l’œuvre d’une vie”. Fraîchement sorti sur Netflix et déjà auréolé de deux nominations aux Oscars, l’adaptation filmique est tout aussi exacte que son homologue théâtral dans l’exploration des aléas, sacrifices et ingratitude qu’induit l’écriture et, plus globalement, les arts. Andrew Garfield porte tantôt la légèreté, la voix et l’espièglerie du défunt Jonathan Larson, tantôt la gravité des inspirations qui l’ont animé dans l’idéation de Tick, Tick… Boom ! et Rent : l’épidémie du SIDA, l’injustice raciale et l’instabilité de la fonction artistique, pour ne citer qu’eux. Le tout est habilement construit, aérien et jamais désabusé en dépit du sous-texte préoccupant, à l’image de Larson. Pour un premier long-métrage en tant que directeur, Lin-Manuel Miranda frappe fort !

The lost daughter

2h02 | De Maggie Gyllenhaal | A voir sur Netflix

En pleines vacances quelque part en Italie, Leda est obnubilée par une jeune mère et sa fille. L’empathie pour cette dernière, face à l’instabilité induite par les débuts de la parentalité, se mêlent à des souvenirs et regrets de ses propres débuts en tant que mère. The Lost Daughter gravite autour de cette interrogation sempiternelle : être une mère, est-ce naturel ? Que se passe-t-il lorsque les réflexes maternels, que nos aînés nous ont tant rabâchés, n’émergent pas ? Leda, incarnée brillamment par Olivia Colman, est tiraillée entre une culpabilité immuable de ne pas avoir été la mère qu’elle songeait être et un certain détachement, voire un fatalisme. À son sens, elle n’est qu’une mère “anormale”. The Lost Daughter est le premier jet directorial de Maggie Gyllenhaal, et pas des moindres. Olivia Colman et Dakota Johnson représentent avec brio les deux extrêmes du spectre de la parentalité : ses débuts vampirisant, et l’après-coup, où nous faisons le compte de nos travers. Certains pointent ses longueurs. Or, The Lost Daughter ne fait que prendre son temps face à un sujet épineux. À voir et revoir !

Scream

1h55 | De Matt Bettinelli-Olpin & Tyler Gillett  

Pour les quelques amoureux de l’horreur, la saga Scream aura toujours eu une promesse assez singulière : celle d’avoir une lecture à la fois irrévérencieuse et admirative des sempiternels codes du genre qu’elle représente. Certes, après quatre épisodes, la formule se mord la queue, mais n’a jamais perdu la posture sardonique qui l’a toujours habitée. Le fadement baptisé Scream s’est donné la mission moutonnière de suivre la tendance hollywoodienne des requels : ces faux-remakes qui donnent une continuation aux classiques de l’industrie filmique (entre autres, la nouvelle trilogie Star Wars). Comme le dernier SOS Fantôme – qui était, en tout point, insipide – je craignais que ce nouveau Scream trébuche comme ses homologues en se sur-référençant sans donner quoi que ce soit à se mettre sous la dent… Ce fut le cas, et bien pire ! Scream est une mi-réédition, mi-suite on ne peut plus maladroite de la saga. Est-ce rupturiste comme son premier volet ? Oh que non ! Si Scream conserve l’œil critique qui a toujours fait la force de la franchise, son exploration des travers modernes de l’industrie filmique est faussement intelligente et même prétentieuse par moments. C’est un zéro pointé !

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