Athéna

1h37 | De Romain Gavras | A voir sur Netflix
Que dire d’Athéna ? Romain Gavras se noie dans le sillage laissé par Les Misérables et Bac Nord sans, pour autant, ne pas mettre en exergue une quelconque identité. Un autre et banal essai sur les frictions entre les cités et les forces de l’ordre ? Complètement et, pire encore, Athéna trébuche sur son portrait caricatural des banlieues. Or, là où la tragédie de Gavras se rattrape est plus sur sa forme que son fond.

La cité n’est qu’un prétexte, malheureusement, pour que Gavras fasse tout l’étalage de ses capacités techniques. C’est beau (un peu trop par moments au vu du sujet traité), immersif, lisse… Bref, un parfait exercice de style qui sert, du mieux qu’il peut, un traité un peu manichéen. C’est difficile de se prononcer sur Athéna. Si vous êtes plus sensibles à la valeur sensorielle d’un film, libre à vous de plonger la tête la première. Pour vous autres qui cherchez entre les lignes pour des personnages résonnants, la lecture risque d’être plus pénible.

Black Adam

2h05| De Jaume Collet-Serra

Je me souviens encore, il y a quelques années, quand des fans Twitter proposaient que le mythique Dwayne Johnson incarne l’anti-héros des écuries DC Comics, Black Adam, sur le grand écran. Aujourd’hui, la prophétie est devenue réalité : The Rock porte enfin la cape du némésis de Shazam ! Est-ce que ça valait le coup d’attendre ?

Négatif… Black Adam est un imbroglio d’un tout plein de choses immiscibles : à la fois un blockbuster lambda porté par un Dwayne qui fait, a minima, honneur aux fantaisies des fans, mais aussi une dernière offensive de DC Comics pour rattraper leur historique rival, Marvel, sur le marché filmique.  La faute aux ambitions du studio : Black Adam conte trop et ne clôt aucune branche narrative qu’il déploie. D’une part, c’est dommage puisque pris individuellement certaines pistes montrent du potentiel. D’autre part, c’est enrageant : l’omniprésence de l’action vampirise des moments plus creux durant lesquels nous aurions pu avoir le temps d’explorer ces débuts d’idées. C’est dommage…

Enzo le Croco

1h47 | De Will Speck & Josh Gordon
Hector est un sacré chanceux ! Ce mi-magicien, mi-showman déprécié des planches de Broadway tombe, par un hasard presque cosmique, sur un bébé crocodile chantant. À quatre mains, le tandem fabricote une modeste performance qui saura mettre un coup de pied, le mot est faible, dans la fourmilière de la Grande Pomme. Bémol à soulever, néanmoins : Enzo a facilement le trac…

Adapté du livre pour enfant éponyme, Enzo le Croco est une tendre fable animée d’une candide volonté de surfer sur la vague lancée par Paddington. Est-ce meilleur ? En tous points non. Enzo le Croco se laisse avoir par certaines facilités et un choix d’adaptation qui, à mon sens, ne fonctionne pas. Un dessin-animé aurait certainement mieux fonctionné, car voir un “réel” crocodile dansant, copiant certains mimiques humains et chantant façon Shawn Mendes (ce dernier lui prête sa voix) est plus absurde qu’attendrissant. Certaines scènes valent davantage de rires de confusion qu’un quelconque sentiment de féérie. Les enfants survoleront ce détail, les adultes moins…  Or, ça ne veut pas dire que ces derniers n’y trouveront pas leur compte : les bizarreries d’Enzo le Croco font de lui une comédie involontaire pour les plus grands. Comme quoi, c’est bien pour toute la famille !

Smile

1h55 | De Parker Finn
Nous sommes un poil en retard pour Halloween… Certes, la voie se pave pour le prochain Noël. Or, nous allons nous permettre de brièvement regarder dans le rétroviseur puisque la fin octobre n’a pas été sans son lot de frissonnantes surprises. Bien que Smile ait tous les attributs du marronnier fadasse d’Halloween, le film d’horreur se permet des envolées lyriques profondes et inhabituelles dans sa typologie (mais que nous accueillons les bras ouverts). Dedans, une docteure en psychiatrie est victime d’une malédiction qui gangrène petit à petit sa vie sociale. Des gens au sourire malicieux la poursuivent. Or, personne ne semble les apercevoir à part elle…

Si nous mettons de côté son dénouement quelque peu hors-propos, Smile est une intéressante métaphorisation de la communication du trauma et comment le traumatisme de l’un peut parasiter la psyché d’un autre. Smile a aussi le mérite de davantage miser sur de longs crescendos plutôt qu’avoir recours à des jumpscares faciles : l’atmosphère y est divinement prenante. Pour celles et ceux qui ont une légère nostalgie de la saison des citrouilles, vous ne regretterez pas le voyage.

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