Les coups de coeur musicaux d’Emmanuelle Blanchet parmi les nouveautés rock, jazz, world,  mais aussi chanson française… Avec une large part laissée aux productions des artistes et labels régionaux.

Bodega

Broken Equipment

Le quintet new-yorkais a attendu presque quatre ans pour livrer la suite de son premier disque, Endless Scroll, qui avait fait forte impression. Broken Equipment est né début 2020, inspiré par un club de lecture dans lequel les artistes intellos trentenaires de Brooklyn aux multiples talents se réunissaient avec des amis proches pour étudier des oeuvres philosophiques.

Mais non, ne fuyez pas ! Si Bodega fait preuve d’une réelle exigence artistique, refusant les recettes toutes faites, sa musique, qu’on peut presque qualifier de divertissante, avec des paroles distillant une bonne dose d’humour, est un mélange d’influences plutôt jubilatoires : punk rock, tendance Talking Heads, Blondie ou même B52’s (pour la voix de la chanteuse Nikki Belfiglio), de rap old school à la Beastie Boys et de pop bien barrée.

On pense aussi pour les titres les plus fiévreux aux grands anciens, les incontournables Velvet Undergound. Big Apple reste à l’évidence une source d’inspiration inépuisable pour les héritiers de tous ces géants du rock américains. Ne boudons pas notre plaisir !

What’s Your Rupture?

Fontaines D.C.

Skinty Fia

Les prolifiques dublinois sont de retour avec un troisième album (en trois ans) particulièrement abouti. Son nom, Skinty Fia, expression irlandaise, qui peut se traduire grossièrement par « la damnation du cerf », donne le ton, mélancolique, voire sombre, de cette dizaine de titres inspirés par leur Irlande natale, sa culture, sa politique et ses liens toujours compliqués avec Londres. À l’instar du morceau d’ouverture, in ár gCroíthe go deo (Dans nos coeurs pour toujours) qui évoque le refus de l’église Anglicane d’inscrire cette épitaphe en gaélique sur la tombe d’une irlandaise décédée à Conventry…

Côté musique, le gang post-punk semble se livrer à une réflexion sur son évolution. Il en résulte une grande richesse, une belle complexité, un certain lyrisme même. La voix de Grian Chatten se fait plus profonde, magnétique. Mais que les fans de la première heure se rassure, basse et guitare sont toujours omniprésentes. La rythmique est juste un peu plus lente, se teinte parfois d’électronique.

L’ensemble fait preuve d’une cohérence stylistique qui faisait quelque peu défaut dans les précédents opus du groupe.

Partisan Records

Killdozer

Lost Demos & Early Works

Basé dans l’ouest lyonnais, Simplex Records poursuit son exploration des pépites de l’âge d’or du rock régional – les années 1970 et 1980 – avec Killdozer et son fabuleux chanteur, Robert Lapassade. Comme toujours dans les productions du label 100% vinyle, et comme son nom l’indique d’ailleurs, le disque rassemble 13 titres inédits des débuts du groupe – 1977 – enregistrés sur une cassette miraculeusement exhumée.

Killdozer, à l’origine, ce sont deux givordins, Édouard Gonzales (guitare) et Christian Rothacher (basse) passés par l’incontournable groupe de heavy metal local, Ganafoul, et deux lyonnais, Patrick Brondel, le batteur, et Robert Lapassade, donc, le chanteur, fan de funk. Il faut dire que ce genre sied particulièrement à sa voix qui évoque celle de James Brown, en mieux. C’est le mélange de ces influences qui feront de Killdozer un groupe à part dans le paysage musical de l’époque, plus tourné vers le punk.

Sur Lost Demos & Early Works la voix de Lapassade n’est pas encore aussi affirmée qu’elle le sera plus tard, sur l’unique album du groupe sorti en 1980 chez CBS et sobrement intitulé Killdozer. Mais l’énergie est incroyable, irrésistible, avec sa rythmique d’airain et ses riffs explosifs. Un coup de mou ? Passez-vous en boucle, Midnight gang, Twister, 77 Boogie, Dancing Now… Tout l’album en fait !

À acheter aussi pour la splendide pochette vintage et sa sous-pochette remplie de docs inédits et d’un coupon de téléchargement.

Simplex Records

 

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