Pili Coït – Love Everywhere

Pili Coït est de retour avec un excellent deuxième album. Le duo lyonnais, dont la légende dit que le nom viendrait du titre « Billy Goat » prononcé avec l’accent alsacien, ce qui est tout de suite beaucoup plus drôle, associe le batteur Guilhem Meier et la chanteuse Jessica Martin Maresco. Tous deux sont loin d’être des inconnus. L’une chante, entre autres, dans Mercurial (pop electro), Saddam webcam (math-punk), Little Coquette (Old-jazz). L’autre joue, ou a joué, avec Ukandanz (ethio-crunch music) et Poil (rock progressif). Ensemble, ils sévissent aussi dans Icsis (pop-punk-electro) et le Grand Sbam (ensemble de musique contemporaine). 

Leur premier album, Pink Noise, annonçait la couleur… noise. Mais avec en plus une belle richesse mélodique. Love Everywhere poursuit dans la même veine : une complexité épurée mettant en valeur des voix qui s’enlacent subtilement, un vrai talent de songwriter, et une rythmique qui cogne fort, armée de tom basse, bidon et synthé-drum. Dans Pili Coït, Guilhem Meier troque la batterie pour la guitare électrique à pédale. Est-ce cela qui rend ses riffs si puissants et enflammés ? L’ensemble en tout cas place la barre très haut.

Dur et doux

 

Rank – Black Frame

Actif depuis 2010 sur la scène post punk/cold wave lyonnaise depuis 2010, le groupe revient avec un quatrième album très abouti. Onze titres incisifs produits par Matthew Leonard du groupe de Manchester Total Victory. La rage froide des compositions de Rank est particulièrement mise en valeur. Le clavier plus présents que dans les précédents opus, souligne les guitares furieuses, la basse nerveuse et le chant puissant et typé de Sayba, le chanteur. 

Si la tonalité générale est clairement orientée vers un post punk efficace, le groupe se permet aussi un instrumental plus électronique (Concrete Island). On ne va se mentir, ce n’est pas là qu’on les préfère. Mais la tentative est intéressante et pourra peut-être déboucher sur de belles évolutions. Vous pouvez vous procurer cet album sans l’ombre d’une hésitation. En attendant de les retrouver sur scène… Leur venue à Villefranche, au Quai 472, en février 2020, en compagnie des non-moins excellents Nairod Yarg et Station Echo, avait marqué très légitimement les esprits.  

Automate Records / Endless Night Records

 

Yohann Giaume – Whisper of a Shadow

Allez savoir pourquoi un disque vous laisse un peu froid, et puis, sans vraiment de raison, vous le réécoutez, et là, hop, coup de foudre ! Ainsi du très singulier et érudit Whisper of a Shadow du compositeur, ethnomusicologue et trompettiste français Yohann Giaume, sorti il y a déjà un an. 

Parti sur les routes sud-américaines pendant 15 ans à la recherche des racines de la musique, Yohann Giaume débarque à la Nouvelle-Orléans, où il découvre Louis Moreau Gottschalk. Ce compositeur et pianiste virtuose né en Louisiane en 1829, considéré comme le chainon manquant entre la musique classique européenne et le jazz, avait déjà été remis au gout du jour en 2016 par Mario Stantchev et Lionel Martin avec l’album Jazz before Jazz.  La démarche de Yohann Giaume, plus conceptuelle que celle du duo lyonnais, mixe quatuor à cordes, poésie de Chuck Perkins, figure du spoken word de La Nouvelle-Orléans, et musiciens de jazz (le clarinettiste Evan Christopher, le trompettiste Nicholas Payton, le pianiste Aaron Diehl et Herlin Riley, batteur d’Ahmad Jamal et Wynton Marsalis, entre autres). Ses compositions originales proposent un dialogue fécond, surprenant par le mélanges des influences, avec le compositeur du XIXe siècle. L’évidence s’impose, il capte ainsi mieux que personne l’âme profonde de la Nouvelle-Orléans. Avec en point d’orgue un splendide hommage aux « Jazz Funerals ».

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